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Sarah Troël

Sarah TROEL

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Il y a 4 ans, la grégorienne Sarah Troël manquait les Jeux Olympiques de Londres pour 2 centièmes de seconde en kayak en ligne 4 places 500m (K4). Déçue par cette contre-performance, elle a pris le temps de bien analyser, de se remettre en question. Cela a porté ses fruits puisque cette année elle sera bien sur le K4 olympique français aligné sur le bassin de la Lagune Rodrigo de Freitas à Rio de Janeiro le 19 août. Elle portera haut les couleurs de l’Ille-et-Vilaine et de la France tout comme la joueuse de rugby du Stade Rennais Jade Le Pesq retenue dans l’équipe de France de rugby à 7.

Entretien avec la kayakiste qui vient de fêter ses 30 ans.


Sarah, comment as-tu digéré l’épisode de 2012, les 2 centièmes qui t’ont privé des JO de Londres ?

Après une courte période de déception, j’ai eu une grande envie de mettre en place de nouvelles choses pour ne pas commettre les mêmes erreurs. J’ai effectué un gros travail sur la concentration, sur le fait de visualiser mentalement la course et d’arriver en compétition avec de l’incertitude et enfin de donner le meilleur de moi-même à chaque course.
J’ai tout de suite voulu performer, j’étais super motivée pour la suite. Je me suis fixé de nouveaux objectifs, avec l’envie de progresser et Rio en ligne de mire.
J’ai très vite enchaîné avec une finale aux championnats d’Europe en monoplace et un titre de championne de France. J’ai essayé de capitaliser sur ces bons résultats.

C’est à cette période que tu as quitté le Pôle France de Rennes Cesson

Début 2013, après huit ans passés à Cesson, j’ai décidé de découvrir autre chose, c’était le moment pour moi de trouver de nouvelles pistes de travail, de rechercher une prise en charge plus globale (nutrition, mental, médical, récupération …). J’ai intégré le Pôle de Vaires INSEP. Je n’ai pas tout changé puisque l’un de mes coachs à Cesson est aussi arrivé à Vaires.

Cette année, tu as remporté les piges qualificatives pour les Jeux de Rio, comment as-tu abordé cette épreuve de sélection ?

J’étais très concentrée sur moi, sur ce que je devais faire en course, pas sur le résultat. J’étais vraiment dans l’action et j’ai fait abstraction de tout ce qui se passait autour. J’ai beaucoup travaillé avec une préparatrice mentale.

Un sentiment de revanche par rapport à 2012 ?

Aucun, je me suis juste dit « Ça y est ! j’ai gagné le ticket pour les Jeux ». Ce résultat reste logique, dans la continuité de mes performances de ces dernières années. Il représente beaucoup de travail.

Tu seras donc sur le K4 aux côtés de la Quimpéroise Léa Jamelot, d’Amandine Lhote et de Manon Hostens, comment vous préparez-vous ?

J’ai souvent navigué en K4 avec Léa et Amadine. Manon vient d’intégrer l’équipage mais elle a déjà fait de l’équipage avec son club et en international chez les juniors

K4On effectue un gros travail sur la communication et la transmission. On est à la recherche de la parfaite symbiose, on essaie d’être des « clones » même si chacune a des particularités techniques. En gros, on cherche à transférer ensemble l’avancée du bateau, on est 4 et on vise à e fait qu’u. On s’est testé en Coupe du Monde sur 200m avec une belle 3ème place mais sur une distance qui n’est pas olympique.


Comment les 4 filles sont réparties sur le bateau, quelle est ta place ?

K4courseA l’avant du bateau, c’est le rythme, la cadence et à l’arrière la puissance, le tempo. On a donc Manon en 1, Amandine en 2, Léa en 3 et moi en 4.

Quelles sont les forces et les faiblesses de votre équipage ?

On a beaucoup travaillé en aérobie et en intensité. Et également sur tout ce qui est communication, recherche de solutions, stabilité, gainage. Ce sont plutôt nos points forts. On doit encore travailler les réglages techniques, trouver une symbiose plus systématique, affiner le travail à 4 et le plan de course. Et tout ce qui est tempo, puissance, transmission.


Quel est le programme jusqu’à votre entrée en séries aux Jeux Olympiques à Rio ?

Les championnats de France de Libourne demain (le 22 juillet) où notre K4 olympique fera une répétition en situation de compétition, la dernière fois avant les Jeux.
A partir du 24 juillet, on va se reposer une semaine avant de se préparer lors d’un stage terminal de 10 jours à Temple-sur-Lot puis nous profiterons de 2 jours au vert auprès de nos proches et ce sera le grand départ pour le Brésil le 13 août, le K4 entrant en lice le 19 août. Il y aura donc 6 jours pour digérer le décalage horaire et s’affûter sur place.

Participer aux Jeux, un aboutissement ?

Non, c’est davantage un objectif avec une volonté d’y performer. Il faut aller aux Jeux et tout donner, aller jusqu’au bout pour n’avoir aucun regret.

Ton compagnon, William Tchamba, a disputé les JO de Pékin en 2008 en canoë. T’aide-t-il dans ton projet olympique ?

Il m’aide au quotidien dans la préparation des Jeux. S’il laisse l’aspect technique de la discipline aux entraîneurs puisqu’il est issu du canoë et non du kayak, on échange beaucoup sur la nutrition, la récupération, le sommeil. Il me recadre sur l’objectif, me centre sur les priorités, me donne des conseils sur la façon de gérer les sollicitations médiatiques.

site-kayakQuel est l’objectif du K4 à Rio ?

L’an passé, le K4 a terminé 8ème des Championnats du Monde. Avec mes coéquipières, on aimerait rentrer cette fois dans le top 5 et si cela veut bien sourire pourquoi pas viser pls haut. Quoi qu’il en soit, le résultat sera juste la conséquence de ce que nous aurons mis en place avec notre entraîneur, la Bretonne Claudine Leroux.

A 30 ans, tu es l’aînée du K4, cela te confère-t-il un rôle particulier ?

Non, nous avons toutes un rôle important sur l’embarcation. Léa, à 23 ans, a déjà beaucoup d’expérience, elle est sur le K4 depuis longtemps. Manon est nouvelle mais elle s’intéresse beaucoup et nous apporte aussi son point de vue, Amandine est aussi expérimentée sur le circuit et puis les Jeux sont une première pour nous 4.

Quelles sont les meilleures nations en K4 500m ?

Les Hongroises et des Allemandes sont au-dessus. Les Serbes et les Anglaises sont également de bonnes nations que nous essaierons d’aller chercher.

L’après Rio ?

Je continuerai la compétition internationale. Et il y a aussi les championnats de France en juillet 2017 à Vitré qui seront un de mes objectifs

CKCIRTu es toujours restée fidèle à son club formateur, le Canoë Kayak Club de l’Ile Robinson de Saint-Grégoire, où tu as commencé il y a 20 ans.

C’est un club familial, convivial. Il y a beaucoup de transmission, d’échange entre les générations. Je m’y suis toujours sentie soutenue, on a beaucoup fait pour moi. Ce sont les dirigeants, les entraîneurs du club qui m’ont amenée au haut niveau.

A Rio, tu auras de supporters ?

Quelques proches vont faire le déplacement : mon compagnon, mon frère et son amie ainsi qu’une copine.

Quel athlète souhaites-tu croiser au village olympique ?

Usain Bolt, l’homme le plus rapide du monde !

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Vidéo FFCK tournée en 2015


Sarah TROEL – EQF Course en Ligne par FFCKTV